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CINEMA

SIGNIS - association catholique mondiale pour la communication et le cinéma - propose chaque semaine des sorties "cinéma", qui allient culture et éthique...


 
 

Latifa – Le Coeur au combat

En ces jours où se tient à la Cour d’Assises spéciale de Paris, le procès des complices présumés de Mohammed Merah, il n’est pas inutile de se souvenir des évènements qui ont conduit, au cours de l’année 2012, à la mort de 3 militaires, d’un directeur d’école juif, et de 3 enfants juifs. L’un des militaires était le maréchal des logis chef Imad Ibn Ziaten. Il était âgé de 31 ans.
Le film de Peyon et Brody s’attache aux pas de Latifa Ibn Ziaten, la mère d’Imad, qui parcourt le monde, la France essentiellement, mais aussi quelques pays lointains (le Proche-Orient, la Chine, le Maroc, son pays d’origine), pour porter un incessant et poignant témoignage de paix, de fraternité, de tolérance. Soutenue par l’association Imad pour la jeunesse et la paix qu’elle a elle-même créée, Latifa se tourne vers différents publics, mais s’adresse tout particulièrement aux  adolescents dont elle connaît très certainement la facilité à se laisser entraîner dans des aventures violentes dont l’Islam radical est certainement l’un des pires exemples. Certains échanges entre Latifa et ces jeunes montrent clairement que ce risque est loin d’être utopique ! Et l’on voit et comprend aussi ce qu’est la souffrance de beaucoup de jeunes que l’on dit trop pudiquement « issus de l’immigration ».
Le documentaire, qui n’aurait pu être qu’un téléfilm réussi, est bien une oeuvre de cinéma, avec une photographie très soignée en format scope, et un montage très calibré qui efface opportunément le risque de monotonie que pourrait susciter le discours inlassablement répété de Latifa.

En plus d’un témoignage fort sur la détresse que ressent une mère à la suite de la mort d’un fils, tombé sous les balles d’un terroriste, et sur la façon de surmonter cette douleur et d’en faire un combat, le documentaire constitue un admirable portrait de femme. De femme forte, d’un courage et d’une résilience peu communs.

Pierre Quelin - Arts Cultures et Foi Lyon
 

 

Une famille syrienne

Dans l'intimité de la guerre.

Beau et terrible, ce film sur une journée d’une famille syrienne enfermée dans son appartement vient de recevoir les prix de la mise en scène et du public au festival d’Angoulême.

Dans le grand appartement d’Oum Yazan, une mère de famille, la vie s’est organisée en fonction de la guerre qui gronde dehors. La porte est barricadée, les rideaux tirés. En l’absence de son mari, Oum Yazan vit avec son beau-père, ses deux filles adolescentes, son benjamin et Delhani, leur domestique.
 
Depuis peu, le petit ami de son aînée habite là aussi, ainsi qu’un couple de voisins et son bébé dont l’appartement a été éventré par un missile. Samir, le jeune père, a organisé leur départ le soir même ; il viendra dans l’après-midi chercher sa femme Halima et leur enfant. Mais à peine a-t-il quitté l’immeuble que, fauché par une balle, il s’écroule derrière une carcasse de voiture. Seule Delhani a vu le drame. Elle prévient Oum Yazan qui tranche : il ne faut rien dire à Halima avant la tombée de la nuit, lorsqu’il sera possible de sortir sans trop de risques. 
Entre semblant de vie normale et tragédies, au fil des heures, solidarité, lâcheté, courage et empathie rebattent les cartes des relations, avec pour chacun le même but : survivre à cette journée pour atteindre la suivante. Dans son personnage fort et charismatique au cœur du récit, Hiam ­Abbass bouleverse, aux côtés des non moins émouvantes Juliette Navis et ­Diamand Bou Abboud. Ce film devrait aider à modifier le regard sur les réfugiés.

 

Corinne Renou-Nativel - La Croix